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Changer ou ne pas changer, telle est la question.

Le changement signifie le passage d’un état à un autre. Mais concrètement, qu’est-ce que cela veut vraiment dire : changer? Dans le domaine des troubles alimentaires, le changement prend, selon moi, une place particulièrement importante, puisqu’il se trouve littéralement au cœur de la guérison. Que vous soyez en plein processus de changement, que vous y pensiez ou que vous ayez réussi à changer, je vous propose de lire ces quelques étapes et de tenter de vous y reconnaître.

L’une des théories les plus utilisées, lorsque l’on aborde le thème du changement, est celle énoncée par Prochaska et DiClemente (1992). Ces auteurs ont défini le changement en 5 étapes distinctes. Fait intéressant, ces étapes s’appliquent pour toutes les formes de changement : arrêter de fumer, consulter un professionnel, se séparer, changer ses comportements alimentaires, etc.

Étapes du changement :

1- Précontemplation : La personne ne reconnaît pas qu’elle puisse avoir un problème. Elle tire des bénéfices de son comportement et ne voit donc pas pourquoi elle devrait changer. À cette étape, la motivation au changement vient souvent de l’extérieur plutôt que de la personne elle-même, ce qui explique qu’elle n’a aucune intention de changer. « Je n’ai pas de trouble alimentaire, pourquoi vous vous inquiétez? », « Je n’ai pas de problème avec mon alimentation, et de toute façon, ça ne regarde personne d’autre que moi, alors laissez-moi tranquille, vous vous faites des idées! ».

2- Contemplation : La personne reconnaît une partie du problème, sans en être tout à fait convaincue. Elle pèse les avantages et désavantages de changer, se montre ambivalente. Son intention de changer est présente, mais faible, et elle peut varier dans le temps. « J’ai peut-être un problème avec mon alimentation, mais ce n’est pas si grave que ça. », « Je me rends compte que ça me fait parfois du mal, mais je ne veux pas changer (et je ne me sens surtout pas prête à le faire). », « Quand je me lève le matin, je me dis que je ne vomirai pas aujourd’hui mais après le repas, je le fais… On dirait que je change d’idée dans la même journée, parfois dans la même heure. ».

3- Préparation : La personne reconnaît qu’elle a bel et bien un problème. Elle aimerait changer mais ne sait pas comment s’y prendre. À cette étape, elle peut aller chercher de l’information sur Internet, confier ses difficultés à son entourage, en parler davantage, lire sur le sujet. Bref, elle peut se renseigner sur les moyens de s’en sortir. Toutefois, à ce moment, la personne n’est pas encore prête à poser les actions nécessaires pour procéder à un changement concret.

4- Action : C’est l’étape cruciale du processus de changement, puisqu’il s’agit du moment où la personne est véritablement prête à changer. Elle sait qu’elle a un problème spécifique, dans notre cas un trouble alimentaire. Elle voit les avantages et inconvénients associés à sa situation. Elle choisit de poser les actions nécessaires pour changer. Cela peut par exemple signifier : appeler un professionnel pour débuter une psychothérapie, s’inscrire dans un groupe de soutien d’ANEB, etc. En d’autres termes, la personne est au cœur du processus de changement, puisqu’elle est impliquée dans sa démarche et que le désir de changer et les actions qui s’en suivent proviennent d’elle-même… et non des autres.

5- Maintien : Le changement est effectué, il reste maintenant à le consolider et demeurer vigilant face aux rechutes potentielles. Il est important de savoir que les rechutes sont possibles et qu’elles ne signifient pas que le changement n’a pas fonctionné! Elles s’inscrivent plutôt dans le processus et ne doivent pas être vues comme un échec, mais comme une étape de plus vers la guérison. « J’ai cessé de me faire vomir. Je mange des portions plus régulières et je n’ai presque plus de crises de boulimie. J’utilise les moyens que j’ai acquis et, jusqu’à maintenant… ça fonctionne! Je me donne le droit d’avoir des rechutes, parce que c’est un changement difficile. Après une rechute, je me retrousse les manches pour arriver à mon objectif : changer et me sentir mieux. ».

Dans le domaine des troubles alimentaires, bien que plusieurs réussissent à s’en sortir complètement, certaines personnes témoignent qu’elles demeurent avec une certaine fragilité à cet égard. Néanmoins, quand l’équilibre est retrouvé, que le niveau de fonctionnement est rétabli et que les symptômes s’estompent, on peut dire qu’un changement a réellement opéré. Si je choisis d’arrêter de fumer, par exemple, il est possible que je demeure toujours sensible quand les gens fument près de moi et que je préfère m’en éloigner pour me protéger ; j’ai malgré tout réussi à arrêter de fumer et je peux en tirer une grande fierté!

En terminant, j’ai envie de souligner qu’il importe de respecter son rythme et, lorsque l’on se sent prêt à changer, de ne pas hésiter à aller chercher de l’aide… et ce, peu importe la nature et l’ampleur du changement que l’on veut faire dans notre vie.

Crédits photo: Istock/LockieCurrie

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