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Reprendre pouvoir sur sa sexualité

Je me pose des questions sur ma sexualité

Lorsque vient le temps d’aborder la sexualité, il est normal que plusieurs questions nous viennent en tête. Rassurez-vous, les questionnements relatifs à la sexualité sont tout à fait normaux. En fait, ils font partie du développement d’une sexualité dite « saine », c’est-à-dire du développement d’une sexualité authentique et représentative de nos désirs et de nos valeurs. Ces questionnements sont en fait une preuve que nous avons du pouvoir sur notre sexualité. Par exemple, pensez au fait de définir ses besoins dans sa sexualité, mais également au fait de respecter ses limites.

Ce sentiment d’impuissance face à notre sexualité

La croyance populaire veut qu’une sexualité dite « saine » soit définie seulement par le fait d’être épanoui avec quelqu’un d’autre. Or, les personnes souffrant ou non de trouble alimentaire peuvent ressentir une grande pression quant à l’atteinte d’une sexualité à deux. Elles peuvent croire que la sexualité n’est possible que lorsqu’elles sont en couple ou en relation avec une autre personne, et ainsi sentir qu’elles n’ont pas de pouvoir sur leur sexualité ou que leur sexualité ne leur appartient pas. Cependant, on se rend compte qu’une sexualité épanouie n’est pas qu’une sexualité à deux et qu’elle est tout à fait possible sans partenaire. À vrai dire, notre sexualité touche plusieurs sphères de notre vie et elle commence d’abord et avant tout avec soi. Ce sentiment de perte de pouvoir ou d’impuissance que l’on peut ressentir vis-à-vis notre sexualité peut également se manifester de différentes façons telles que :

      • nous nous sentons obligés de répondre aux demandes provenant de certaines personnes en particulier;
      •  nous sentons qu’une fois que nous avons dit oui, il faut maintenir notre décision;
      • nous avons l’impression que nos véritables désirs ne seraient pas acceptés;
      • nous pouvons avoir l’impression de ne plus avoir de pouvoir sur notre propre sexualité, car nous avons vécu un évènement traumatisant tel qu’une agression à caractère sexuel.

Conciliation de la sexualité et d’un trouble alimentaire

Lorsque notre sexualité ne va pas comme on le souhaiterait, on veut souvent qu’elle change du tout au tout. Mais pourquoi vouloir modifier rapidement tout ce qui ne nous plait pas ? Nous avons tendance à souhaiter un changement drastique concernant notre sexualité pour voir des changements le plus rapidement possible. Ne serait-il pas bénéfique de ne s’attarder qu’à un seul aspect à la fois ? Serait-il possible de valoriser le fait que notre sexualité se développe assez bien dans certaines sphères? Par exemple, on pourrait vouloir améliorer la connaissance de ses désirs sexuels et on pourrait alors se considérer comme épanouie, sans avoir nécessairement de relation sexuelle ou relation amoureuse dans l’instant présent.

Mais la bonne réponse, quelle est-elle? C’est en fait la réponse que l’on trouve la plus juste et la plus bénéfique pour soi!

Vers la reprise de pouvoir sur sa sexualité

Ce qui m’amène à mentionner que la sexualité et la prise de pouvoir sur celle-ci peuvent être vues de la même manière que l’on souhaite le rétablissement d’un trouble alimentaire. En fait, chaque petit pas vers le rétablissement d’un trouble alimentaire est un grand succès et mérite d’être souligné. La sexualité peut aussi être envisagée de la même manière. D’ailleurs, si l’on considère la reprise de pouvoir sur sa sexualité un peu comme le rétablissement des troubles alimentaires, la montagne que nous percevons relativement à notre sexualité pourrait se gravir petit à petit. On pourrait alors souligner chaque petit changement comme étant un succès et un pas de plus vers une sexualité saine pour nous, et non pas une sexualité saine telle que les autres l’entendent.

Finalement, c’est en effectuant des changements qui sont authentiques à nos valeurs, à nos propres désirs et qui sont en accord avec notre personnalité qu’il sera possible de prendre du pouvoir sur sa sexualité et de bien se sentir dans celle-ci.

Allyson, stagiaire en sexologie chez ANEB

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