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Miroir

Bonjour à tous, je suis une maman et grand-maman. Ayant vécue de près cette maladie qu’est l’anorexie, la boulimie, j’ai écrit ce texte pour une personne très près de moi qui en souffre. C’est avec tout mon amour que je vous dédie cet écrit. En espérant que le miroir vous renvoie l’image de la belle personne que vous êtes, belle, intelligente et aimante.

Miroir, miroir, je vois tout noir
Je vois tout faux, je vois tout gros
Miroir, miroir, j’ai une blessure,
au fond d’mon âme comme une cassure.

Ma vie à moi je la contrôle
Mon idéal c’est l’self control
J’ai des amis que je rejette
Ça me fait mal et j’le regrette
Je veux tellement être acceptée
que je suis prête à m’sacrifier
sur l’autel de la société,
pour qu’enfin vous puissiez m’aimer.

Miroir, miroir, reflète mon cœur
Reflète mon âme, reflète ma peur
Mets à nu mon insécurité
Pour qu’enfin vous compreniez
combien j’ai peur, combien je meurs.

Prends moi dans tes bras
Dis-moi que tu m’aimes
Je n’ai plus que toi
Et j’ai tant de peine
Prends-moi, rassures-moi
Surtout, ne pars pas
J’ai besoin de toi
Ne m’abandonne pas

Miroir, miroir, je veux te briser
Pour pouvoir ramasser
les morceaux de ma vie
Pour pouvoir recoller
le casse-tête de ma survie
Je ne veux plus voyager sur les ailes de l’ennui.

Miroir, miroir, j’veux plus te voir
Fini l’enfer du désespoir
Je veux refermer les tiroirs
De mon passé de ma mémoire
Et ne plus vivre dans le noir
Miroir

Sylvie Benoit

One thought on "Miroir"

  1. C’est touchant, on sent que vous avez entre autres côtoyez de près cette terrible maladie qu’est l’Anorexie. J’ai eu l’occasion de connaitre une fille formidable qui en souffre et c’est à mon avis avec la dépression majeure, l’une des pires afflictions que l’on puisse rencontrer. C’est absolument bouleversant jusqu’où ces personnes se rendent dans la perception erronée de leur corps entre autre! Merci, pour ce partage courageuse grand-maman  »maman »! Le billet pour la destination de l’Enfer ne coûte rien, c’est d’en revenir qui coûte cher!

    Voici la lettre que j’ai écrite à ma fille après en être revenu au bout de trois ans!

    Lettre à ma fille,
    Ce matin là de septembre 2009, à Saint-Mathieu-du-Parc, j’ai planté solide!

    Long time no see Élizabeth…
    Bonjour ma soie, j’espère que tu vas bien et que la vie te retourne toujours ce que tu lui offres avec tant d’équilibre. C’est un privilège d’avoir une fille comme toi, Je l’ai réalisé ces trois dernières années, lorsque j’étais malade, plus que jamais. Tu ne m’as jamais laissé tombé, et Papa sera toujours reconnaissant à la Vie et à Toi pour ça. Si je m’en suis sortie, c’est essentiellement grâce à Toi…

    Tu sais, maintenant, qu’il y a quelques mois à peine, ma vie a changée. Jamais, jamais je n’aurais cru ça possible. Je n’y croyais plus. Mon existence était devenue un véritable enfer : hôpitaux, crises d’anxiétés aiguës, idées suicidaires, peur de tout et de tous, plus aucune confiance, plus aucun estime de soi, une peur constante de mourir et de grands vertiges de vivre… des nausées, des spasmes incontrôlables et les pieds enflés à en éclater. C’est fou ce que ça peut faire une dépression majeure, j’ai vue des gens perdre leur dentition, leurs cheveux… Dans la société les gens commencent seulement à reconnaître un burn-out, alors… Une dépression majeure!

    Une traversée du désert qui a durée presque quatre ans, où les seules oasis consistaient en des moments de souffrance psychologiques et physiques un peu moins aigus. Papa a trouvé ça très difficile Éli! Jamais je ne voudrais que mon pire ennemie vive ça. Et surtout pas ma soie. Si on pouvait inoculer la dépression majeure, ce serait l’une des armes les plus efficaces pour réduire un peuple à néant. Tu as trouvé ça long avant que ton Papa revienne, n’est-ce pas mon cœur? Si tu savais comme je voulais revenir, d’au fond là-bas…Pour enfin te prendre dans mes bras et te dire » Élizabeth! Papa est revenu! Reprends ta vie. Sèches tes larmes, je suis revenu…  »

    Là, au fond, tout au fond, un dernier filet qui retenais Papa peut-être à la Vie. Toi. Merci d’être là, Élizabeth! Ça s’est passé un peu inconsciemment, peu à peu, pas à pas, avec la volonté de vivre, une toute petite volonté, à cause de Toi, dans le noir, au fond, là-bas… Puis de nous, ensemble, Toi et moi, puis de nous et de Maman pour qui ça a été très difficile aussi, puis de D…. aussi, avec tous ses handicapes et qui est si courageux au fond là-bas, et de L…, et de M… puis, peu à peu, à cause de toutes sortes de petites motivations et de petits espoirs. De médications plus adéquates, de molécules antidépressives plus efficaces de ci et de ça… Et un matin, doucement, lentement, la Vie a commencé à renaître.

    De belles et petites expériences, qui sont revenues, peu à peu, la mémoire, la concentration, la confiance, l’humour, l’efficacité, le Papa d’avant, peut-être en mieux, en plus fort, plus sensible, plus présent en tout cas. Avec l’aide d’une travailleuse sociale, D…. la meilleure qu’il m’ait été donné de voir, qui vaut bien des psychologues et j’en ai rencontré beaucoup! À cause aussi d’une bonne infirmière, A… Aussi et surtout à cause d’un excellent psychiatre, le docteur J…. aussi un grand poète, même si au début, je le croyais cinglé. Tu les connais ces personnes… Oh que oui, j’avais besoin d’aide, mais pas de n’importe quelle aide et pas de n’importe qui! Il en va des aidants psychologiques comme des mécaniciens, il faut les bien choisir, sinon… Et me voilà, aujourd’hui, avec Toi, profondément heureux de vivre et que Tu sois là, près de moi. Ma fille…Ma soie adorée.

    Ce soir, Papa est encabané dans sa grosse robe de chambre en ratine, sa tasse à café  »Barbie » que Tu trouves si drôle à la main. C’est magique, je dois t’avouer Chérie, pour un gars qui aux fêtes 2012 encore, ne savait plus mettre un pied devant l’autre! J’étais loin de me douter vers quoi, vers qui, j’allais, hormis l’enfer. Ce que je suis bien ce soir, avec Bruce Springsteen, mes souvenirs de Shawinigan et du lac Goulet… et cette lettre que j’achève pour Toi!

    Papa voulait t’écrire ce qu’il a vécu, te dire aussi que quoi qu’il t’arrive à l’avenir, la Vie est forte Élizabeth, il faut faire preuve de courage et on s’en sort. Ce n’était pas à Toi de me sortir de là, c’était à Papa de le faire, et il l’a fait, mais aussi beaucoup grâce à Toi. … Éli… Papa est revenu! Viens dans mes bras mon Amour!

    Ton Papa qui t’aime plus que tout…

    Note : depuis, l’auteur de cette lettre et Élizabeth n’ont jamais été plus heureux que maintenant. Merci la Vie…

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