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Maternité, image corporelle et troubles alimentaires

Lorsque j’étais enceinte, les opinions des gens sur mon poids m’agaçaient. Mon médecin, mon entourage et des inconnus se permettaient de faire des commentaires sur ma prise de poids et mon alimentation. Au début de ma grossesse, on me disait que je ne prenais pas suffisamment de poids, ensuite, que j’en prenais trop. « Ton ventre est énorme! », « Tes seins ont vraiment grossit! » ou « Ce n’est pas très beau toutes ces vergetures! ». Bref, la délicatesse était reléguée au second plan. C’est comme si « ce corps enceinte » était une entité différente de moi et que tout un chacun pouvaient le commenter ou se l’approprier selon sa propre vision. Pourtant, je l’habitais toujours, ce corps. Bien rapidement, mon poids, mon alimentation et mon image corporelle sont devenues une source d’anxiété.

Je ne suis pas la seule puisque la prise de poids durant la grossesse est une préoccupation pour plusieurs Québécoises. Il est facile de trouver de nombreux blogues et groupes de discussion qui traitent de ce sujet. Il est vrai que durant cette période le corps se transforme radicalement, forçant chaque femme à s’adapter. Certaines auront plus de difficulté que d’autres à vivre cette période de transition et développeront au passage une préoccupation excessive à l’égard de leurs poids, de leur alimentation et de leur image corporelle. L’idée de prendre trop de poids durant la grossesse (et de le conserver par la suite) peut être une source de stress importante, d’autant plus si l’on a déjà souffert d’un trouble alimentaire. Certaines études affirment qu’il s’agit d’une période sensible pouvant causer une rechute.

Qu’on se le dise : il est normal, même souhaitable de prendre du poids durant la grossesse. Il faut garder en tête qu’une femme ayant un poids santé prendra entre 11 et 16kg (25-35 lbs) au cours de cette période.

La nouvelle tendance est de vivre une grossesse en ne prenant que du ventre. Bien que cette inclinaison soit loin de refléter l’expérience des femmes, il demeure que nous vivons dans une société qui valorise la minceur, même enceinte! Les grossesses médiatisées des stars et vedettes américaines, relayées via Internet ou les revues qui abondent dans nos kiosques à journaux, contribuent à ce courant. Juchées sur leurs talons hauts en robe de soirée ou en bikini sur les plages de sable blanc, la médiatisation de ces grossesses participe à l’édification d’une image irréaliste de la maternité. Par ailleurs, les femmes qui comme Jessica Simpson ou la chanteuse Adèle ont pris du poids durant leur grossesse (situation tout à fait normale, rappelons-le) sont l’objet de commentaires désobligeants dans la presse people. Après l’accouchement, la situation ne s’améliore guère. Le défi associé à cette période consiste à reprendre sa taille dans un délai rapide.

Malgré tous les conseils, commentaires et images projetées, il demeure que manger à sa faim, sans interdit et être active sont des habitudes de vie qu’il faut maintenir avant et après l’accouchement. Or, la normalisation de la minceur durant la grossesse et après l’accouchement contribue à une préoccupation excessive à l’égard du poids et à l’adoption de comportements alimentaires peu souhaitables pour le maintien de la santé des mères et de leurs nourrissons.

Pour en connaître davantage sur les travaux de l’ASPQ en ce qui concerne la préoccupation excessive à l’égard du poids et la maternité , suivre ces liens!

Chantal Bayard, Blogueuse invitée
Chargée de dossiers Association pour la santé publique du Québec

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