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Face à la mort je n’ai pu réagir, face à mon âme j’ai pu guérir!

Tout n’est pas tout blanc ou tout noir ! Si seulement la vie était aussi simple, n’est-ce pas ? On a souvent l’impression qu’il y a deux facettes, deux dimensions: la vie et la mort, le bon et le mal, l’extrême de droite et de gauche, le persévérant et le lâche, la fine et la pas fine, le bon et le méchant, le oui et le non, l’ange et le diable, etc. Mais nous oublions souvent le centre, l’équilibre dans tout ça, la troisième dimension! De voir la vie en 3 dimensions m’aide beaucoup, c’est ce qui me ramène à l’essence de mon propre bien-être! Je ne suis pas psychologue, mais je peux vous parler de mon âme et de mon cœur qui sont pour moi, ma 3e dimension. Si j’oubliais mon centre, mon univers, mes valeurs, mon cœur, mon soleil et ses rayons ou tout simplement si JE m’oubliais, je laisserais alors tomber ce qui me tient en action, ce qui me permet de continuer d’avancer et de vivre en équilibre!

Image Martine Calce Blogue ANEB

J’ai souffert de troubles alimentaires et ils sont devenus un jour si grands que je dirais qu’ils étaient dignes d’une maladie virulente tuant mon âme et troublant ma vision! J’ai été envahie par une perte de contrôle de ma 3e dimension dans mon âme et mon équilibre, pourtant je pensais avoir le parfait contrôle durant mes périodes de crise! Sadique, n’est-ce pas ? La seule problématique dans cette maladie est qu’il n’existe pas d’examen médical tel que l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) pouvant détecter ou diagnostiquer la source de tueur de l’âme. Il n’existe pas plus d’intervention chirurgicale permettant d’enlever la tumeur d’origine causant les ravages. Dans mon incapacité à communiquer mes émotions alors que j’étais adolescente, j’ai parfois secrètement souhaité avoir un cancer féroce pouvant me faire mal et permettant aux docteurs de me dire ce qui se passait avec moi. Vous comprendrez que je ne souhaitais pas vraiment avoir un cancer, j’essayais plutôt de comprendre ce qui se passait avec moi. Quand un proche de ma famille a appris qu’il avait le cancer, il m’a dit que la période la plus troublante pour lui avait été l’attente. Attendre de savoir ce qu’il avait… Attendre les résultats… Seulement attendre… À ses yeux, la période d’incompréhension été plus mortelle que tout. À partir du moment où  il a reçu son diagnostic et que des solutions ont été émises, il s’est battu pour vivre, et ce, malgré le chemin difficile qui s’en est suivi! J’ai alors souhaité pouvoir rencontrer un médecin qui pourrait m’annoncer ce que j’avais et m’aider à trouver des solutions pour vivre. Je souhaitais sans doute qu’on parle pour moi, car moi, je ne comprenais pas pourquoi j’étais prise dans un tel état, un tel cercle vicieux! J’étais pourtant forte, je me sortais de tout, j’étais populaire, je fonçais à tête haute dans ce que je voulais, toujours. Dans un sens, sans tenir compte de la 3e dimension, sans creuser et sans regarder au fond de moi, je n’y voyais que le blanc et le noir en surface, alors que dans mon âme c’était très gris, comme un brouillard, l’inconnu, le vide!

Je peux reconnaître aujourd’hui que de dire à sa famille que tu as un grave trouble alimentaire peut dans certains cas ne pas attirer d’attention particulière ou de sympathie. Mais encore, est-ce mes propres barrières qui repoussaient cette possibilité? Comment recevoir de la sympathie quand l’on n’en veut pas vraiment? Accepter la sympathie c’est accepter l’amour que l’on mérite et ça ne fait pas de moi une victime en soi. J’ai compris que ce qui est difficile pour moi à comprendre doit l’être davantage pour mon entourage n’est-ce pas? J’ai souvent pensé que le trouble alimentaire était parfois jugé comme étant un manque de confiance en moi. Comment recevoir de l’aide quand nous croyons secrètement nous même que d’en demander voudra dire que nous sommes faibles? Je ne sais pas si mon sentiment est un jugement de ma part ou une réalité, mais j’ai réalisé qu’il est sans doute difficile de savoir quoi répondre, savoir qui consulter. Selon mon vécu, plusieurs personnes essaient parfois de trouver une solution comme à un problème mathématique qui n’existe simplement pas! C’est la course pour trouver le bon remède, l’essai vs l’erreur… sans fin. De mon expérience, je peux vous dire, si vous souffrez ou si un proche souffre de trouble alimentaire, ce trouble n’est pas dans l’assiette et il n’est pas en 2 dimensions non plus. Il faut donc mettre ses lunettes spéciales pour tenter de voir dans une autre dimension avec notre propre cœur et notre propre âme. Mais encore, cette personne doit également cheminer et mettre ses propres lunettes aussi!

Avant l’âge adulte, je n’ai jamais avoué à mes proches mon passé de trouble alimentaire ; même que parfois, j’écris des textes et ils apprennent par mon écriture mon histoire. Avec le temps, avec l’acceptation, j’ai compris qu’il m’était impossible de tourner le dos à mon histoire et à qui je suis. Face à la vie, j’ai choisi d’aller au fond de mon âme pour rebondir avec résilience. Je crois que pour moi ce fut un pas à la fois, un jour à la fois, un moment à la fois me permettant d’accepter mes petits progrès et surtout de me pardonner d’être parfaitement imparfaite.

C’est dans l’action que nous apprenons, c’est dans l’action que j’ai appris.

Martine Calce

Aujourd’hui, le 2 juin, c’est le World Eating Disorders Action Day/Journée mondiale d’action aux troubles alimentaires, joignez-vous à la conversation et faites du bruit sur les médias sociaux avec le mot-clic #WeDoAct.

Vous avez besoin d’aide? Vous éprouvez le besoin de parler et d’être écouté? Vous croyez souffrir d’un trouble alimentaire et vous aimeriez obtenir des services? Vous êtes inquiets pour une personne près de vous? Vous n’êtes pas seul! Contactez-nous sur la ligne d’écoute d’Anorexie et boulimie Québec (ANEB) au 514-630-0907 (Montréal) ou 1-800-630-0907 (ailleurs au Québec, sans frais). Un intervenant vous répondra et vous apportera le soutien dont vous avez besoin. La ligne est confidentielle et est ouverte tous les jours de la semaine, de 8 h am à 3 h am. www.anebquebec.com

5 thoughts on "Face à la mort je n’ai pu réagir, face à mon âme j’ai pu guérir!"

  1. Do dit :

    Quel magnifique texte!

  2. Mylène THEROND dit :

    Bravo, magnifique texte.
    J’ai eu l’impression de lire mon histoire, j’aurais pu écrire ces mots.
    Il faut se battre contre ces troubles alimentaires qui enferment les patients dans un enfer sur terre. On s’en sort avec beaucoup de volonté et de courage un pas après l’autre. La vie est tellement belle.
    Bravo pour les différentes actions afin d’améliorer la compréhension de ces troubles.

  3. Martine Calce dit :

    Merci de ce commentaire 😉

  4. Carmen Comeau dit :

    Merçi pour votre vécu…..très intéressant et stimulant de vous lire !merci !

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