Par : Ariane C-N
Au début, ça ressemblait à quelque chose de “positif”.
Je voulais simplement faire plus attention. Manger mieux. Bouger davantage. Me sentir bien dans mon corps. Rien d’alarmant. Rien d’extrême.
Les commentaires étaient même encourageants.
“Wow, t’as l’air en forme.”
“C’est donc le fun, ta discipline.”
Alors j’ai continué.
Rapidement, participer à des soupers d’amis est devenu stressant. J’analysais le menu à l’avance. Je calculais mentalement. Je négociais avec moi-même : si je prends ça, je devrai compenser demain.
Je comptais tout.
Les calories.
Les pas.
Les heures entre les repas.
Ce que j’ingérais, comment je le dépensais… et le poids qu’il me restait à perdre pour être “enfin” heureuse.
Heureuse.
Comme si le chiffre sur la balance détenait la clé.
Je souriais autour de la table, mais dans ma tête, ça criait.
Je n’entendais plus vraiment les conversations. Je pensais à ce qu’il restait dans mon assiette. À ce que les autres mangeaient. À ce qu’ils pensaient de moi.
Plus je “réussissais”, plus j’avais peur d’échouer.
Plus je recevais de compliments, plus la pression augmentait.
Et pourtant, je ne me sentais jamais assez.
Assez mince.
Assez disciplinée.
Assez en contrôle.
Ce que je ne voyais pas, c’est que le contrôle était en train de me contrôler.
Je me suis isolée sans m’en rendre compte. J’ai commencé à décliner des invitations. À éviter les anniversaires. À trouver des excuses. La nourriture n’était plus un moment de partage, mais un terrain d’angoisse.
Je pensais que j’étais “juste stricte”.
Je pensais que j’avais “juste besoin de volonté”.
Je pensais que ça allait passer.
Mais ça ne passait pas.
Un jour, une amie m’a demandé doucement :
“Est-ce que tu vas bien… pour vrai ?”
Ça m’a fâchée.
Puis ça m’a fait pleurer.
Parce que pour la première fois, quelqu’un voyait que derrière la discipline, il y avait de la peur. Derrière la perte de poids, il y avait une perte de joie. Derrière le contrôle, il y avait une immense insécurité.
Demander de l’aide m’a semblé plus difficile que de me priver.
Mais ça a été le premier geste de douceur envers moi-même.
Je n’ai pas “guéri” du jour au lendemain.
Je réapprends encore. À manger sans calculer. À bouger sans punition. À accepter que mon corps ne soit pas un projet à corriger.
Je n’ai rien vu venir.
Mais aujourd’hui, j’apprends à voir autrement.
Et si tu te reconnais un peu dans mon histoire, sache que tu n’es pas seul·e. Il existe des ressources. Il existe des espaces pour parler, sans jugement.
Et surtout : ton bonheur ne se mesure pas en kilos.



Quel témoignage je souffre d’anorexie depuis presque 30 ans
C’est un combat continuel
J’ai des hauts et des bas
Merci
Aux gens sans jugement juste apporter mon repas à des fêtes , m’enlève le poids de la nourriture mais me permet de partager de beaux moments avec ma famille et éviter isolement
Bonjour Sylvie,
Je vous remercie pour votre commentaire. Le parcours de rétablissement d’un trouble alimentaire peut effectivement être parsemé de hauts et de bas. Sachez que notre équipe d’intervention reste disponible pour vous accompagner et vous offrir soutien et écoute autant dans les hauts que dans les bas.
Je vous laisse les informations sur nos différents services juste ici :
– Nous avons une ligne d’écoute & de référence que vous pouvez contacter en composant le 514 630-0907 (Montréal) ou le 1 800 630-0907 (ailleurs au Québec) entre 8h AM et 3h AM.
– Nous avons un service de texto où vous pouvez avec un·e intervenant·e en écrivant au 1 800 630-0907 et un service de clavardage accessible en suivant le lien suivant : https://anebados.com/clavardage/. Ces derniers sont accessibles du lundi au vendredi de midi à minuit et de midi à 21h la fin de semaine.
– Nous offrons également des groupes de soutien ouverts et fermés. Vous pouvez trouver toutes les informations à ce sujet en suivant les liens suivants : https://anebquebec.com/services/groupe-de-soutien-ouverts/groupe-pour-ta & https://anebquebec.com/services/groupe-de-soutiens-fermes
Prenez bien soin de vous!