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Le vrai héros, c’est moi.

J’ai souffert d’anorexie dès l’âge de 13 ans.

J’ai souffert d’hyperphagie à l’été de mes 16 ans.

J’ai jonglé entre les deux pendant trop longtemps.

Aujourd’hui, je vais bien et je suis suffisante, bref, je suis assez!

Toute ma vie j’ai cherché l’approbation de ceux que j’aime. Je cherchais la perfection, rien de moins. Je me sentais dans un tourbillon au beau milieu de l’océan. Je ne savais jamais dans quelle direction nager pour plaire à tous. J’en ai oublié comment me plaire et comment m’aimer.

On m’a rejetée une fois. Mais c’était la fois de trop. Mon père biologique est parti vers une meilleure vie en laissant derrière lui une petite fille d’un an. Je n’ai pas assez de doigts pour compter le nombre de fois où j’ai attendu près de la porte avec ma petite valise. J’attendais mon super-héros. J’ai attendu trop souvent sans le voir arriver.

En vieillissant, j’ai réalisé que j’avais trop d’émotions à gérer. Je ressentais trop d’émotions pour ma tête. J’ai donc mangé moins. Ma tête était occupée à autre chose. En même temps, je me disais que mon super-héros allait m’aimer davantage si j’étais mince. Parce que, qui n’aimerait pas une fille mince? Alors j’ai continué à agir ainsi durant quelques années sans vraiment réaliser l’ampleur de la chose.

Et puis à l’été de mes 16 ans, j’ai réalisé mon rêve. Je suis allée vivre chez mon super-héros. Quel bonheur! Finalement, c’était tout un cauchemar. Je me suis retrouvée prise avec une personne menteuse, manipulatrice, consommatrice de narcotiques et au comportement violent. Je n’ai jamais été touchée par contre, heureusement. Mais mon héros n’en était plus un.

À l’été de mes 16 ans, je suis retournée chez ma plus-super-héroïne; ma maman. Et j’ai mangé. J’ai dû manger tout ce que je n’avais pas mangé auparavant. Je n’en pouvais plus de souffrir; c’était trop difficile à gérer. Lorsque j’étais pleine, j’étais « bien ». Je ne pensais à rien. Malheureusement, le mal de vivre est revenu rapidement.

Après plusieurs visites chez le psychologue, travailleur social et nutritionniste, je peux enfin dire que je vais bien. J’ai guéri mes démons. Mon corps s’adapte comme il le peut. Il a tellement souffert dans le passé, mais il apprend peu à peu à me faire confiance. Ensemble, je sais que nous allons réussir de grandes choses. J’ai confiance en lui, en nous.

Elizabeth Levasseur

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