Ligne d'écoute 1 800 630-0907 514 630-0907

Témoignage d’une mère

 

Ma fille souffre d’anorexie mentale depuis huit ans. Tout a débuté quand elle avait douze ans par un désir de manger plus sainement pour perdre un petit surplus de poids. Un an plus tard, elle avait perdu beaucoup maigri. Mon entourage me faisait des commentaires, surtout mon mari. Je prenais sa défense, je rassurais tous le monde, ma fille me disait aller bien et je la croyais sur parole. J’ai tout de même fini par l’amener chez le médecin de famille et la nutritionniste. Tous deux m’ont confirmé que tout allait bien et m’ont dit que je m’inquiétais trop. Malgré l’absence de règle, la perte de poids, l’agitation et l’anxiété de ma fille, ils n’y ont vu que du feu. Je ne les blâme pas, ma fille était déjà une spécialiste de la dissimulation avec son trouble alimentaire, mais nous ne le savions pas encore.

Puis à 15 ans, suite à l’annonce de ma séparation d’avec mon conjoint, ma fille a tout simplement arrêté de manger. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, parce que j’étais prise dans le tourbillon de mes problèmes conjugaux. Mais un matin, je me suis arrêter pour la regarder et j’ai compris que ça n’allait pas du tout. Je l’ai amené chez une psychologue qui a reconnu tous les signes classiques de l’anorexie mentale et nous a référé en psychiatrie. J’étais sous le choc, terrifiée, et je me sentais horriblement coupable de ne pas avoir vu ce qui se passait sous mes yeux. Je ne le savais pas encore, mais la culpabilité allait devenir ma compagne de vie pour les prochaines années.

Ma fille a été hospitalisée sept fois à ce jour, pour lui sauver la vie à chaque fois. Elle a maintenant 20 ans et elle souffre toujours d’anorexie mentale. Son trouble alimentaire a changé ma vie à tout jamais. J’ai vécu des sentiments que je ne pensais pas un jour ressentir. Le sentiment d’impuissance d’abord. Puis, la colère, si puissante que je me faisais peur à moi-même. Ensuite, ce fût la peine qui me collait à la peau. J’avais si mal de la voir souffrir sans pouvoir l’aider.

J’ai eu besoin de beaucoup de soutien pendant ces années de lutte continuelle pour trouver des soins spécialisés dans ma région et pour protéger ma fille d’elle-même. J’ai eu la chance, dès le début de mes recherches, de trouver le site d’Anorexie et boulimie Québec (ANEB) et surtout le forum pour les proches. J’y ai écris presque tous les jours pendant trois ans ! J’avais tellement besoin de vider mon sac et j’y ai trouvé du soutient et de l’écoute sans jugement auprès des autres parents.

Nouveau: groupes de soutien fermés pour les proches, inscription dès maintenant.

J’ai été suivie par une psychologue géniale qui m’a fait comprendre que ce n’est pas ma faute, que je ne peux pas guérir ma fille, et que je dois même me protéger d’elle pour ne pas couler moi aussi. J’ai rencontré plusieurs anges sur mon chemin, depuis la descente aux enfers de ma fille. Ces personnes si spéciales dans mon cœur qui m’ont aidé à accepter l’inacceptable. Mon cœur et mon esprit se sont ouverts à la maladie mentale, je suis une meilleure personne maintenant que j’ai accepté ce que je ne peux pas changer.

Je ne sais pas ce que l’avenir réserve à ma fille. Un jour à la fois et quand ça va mal c’est une heure à la fois… Je sais seulement que quoi qu’il arrive je serai là pour elle. Je lui ai promis, à quinze ans, que je ne la laisserai pas tomber et je vais tenir ma promesse quoi qu’il arrive.

Soleil40

ANEB offre désormais des groupes de soutien fermés pour les proches, dans la région de Montréal et ses environs. Ces groupes sont d’une durée de 8 semaines, à raison de 1 rencontre de 3 heures par semaine.  Les groupes pour les proches représentent l’occasion d’entamer une réflexion quant à votre rôle dans le cheminement de votre être cher, tout en ayant du soutien et une écoute de la part d’autres personnes qui rencontrent des difficultés semblables aux vôtres. Les groupes débuteront le 16 mai. Il est présentement temps de vous inscrire.

Pour plus d’infos: http://anebquebec.com/services/groupe-de-soutiens-fermes/pour-les-proches

Pour vous inscrire aux groupes: 514-630-0907 (Montréal) ou 1 800-630-0907 (ailleurs, sans frais)

 

10 thoughts on "Témoignage d’une mère"

  1. Céline dit :

    c’est le premier texte que je lis à ce sujet. Depuis quelques mois, j’ai appris que ma fille était anorexique et boulimique. Elle est infirmière………je ne comprends pas vraiment ce qui arrive. Elle n’a plus ses règles, elle est entrain de briser ses dents ui m’ont couté la peau des fesses quand elle était jeune. Elle a 23 ans. Elle est si belle, elle detruit son corps, j’en reviens pas. Elle est en réaction envers moi. Je suis moi-même thérapeute et je ne peux même pas l’aider, c’est déroutant. J’ai lu que sa vie pouvait être en danger et qu’a plus ça ne se guérit pas, mais je me dit que si le cancer se guérit comment se fait-il qu’il n’ont pas trouvé un traitement pour guérir cette maudite maladie mentale.

  2. Malicorne dit :

    Bonjour Céline,

    Je suis la tante de deux jeunes filles anorexiques.
    Et tout d’abord, je veux vous dire : l’anorexie se soigne, et on peut guérir.
    Je sais quel choc ce doit être pour vous, nous vivons le même, mais il faut s’armer d’amour et de courage pour vaincre cette maladie.
    Mes nièces sont suivies, mais les méthodes françaises sont très « vielles écoles  » et nous avons décidé de chercher nous-même à comprendre la maladie.
    En France, il y a l’Association AUTREMENT qui est une source d’informations utiles.
    En anglais, vous avez le F.E.A.S.T. qui permet de partager et qui est aussi une grande source d’aide pratique.
    Si votre fille s’abîme les dents, c’est sans doute qu’elle souffre énormément, ce n’est pas forcément qu’elle vous rejette.
    Beaucoup de jeunes gens souffrent de cette maladie, ce n’est ni leur faute, ni celle de la famille.
    N’hésitez pas à me contacter.
    Je vous envoie toutes mes affectueuses pensées.
    Isabelle.

  3. Amélie dit :

    Il est en effet important de considérer que cette maladie PEUT se guérir dans une grande proportion de cas. Par contre, pour se faire, il faudra vous armer de beaucoup de patience. C’est un processus qui peut s’avérer long et ardu. De nombreux facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour que vos proches s’en sortent. Dans un premier temps, il faut comprendre que malgré toute votre bonne volonté et vos efforts, si la personne qui souffre ne reconnaît pas la maladie, il vous sera plus difficile de lui venir en aide. Une fois cette étape franchie, un suivi tant médical que psychologique pour découvrir les causes plus profondes de ce mal est essentiel. Le tout avec le soutien de la famille ainsi que des amis le plus possible.

    Le trouble alimentaire vient compenser un mal profond dont on ne soupçonne pas toujours l’existence. Une multitude de facteurs peuvent être en cause à la fois. La détresse, la souffrance et le besoin des personnes qui souffrent sont réels. Le trouble alimentaire, malgré tous les désagréments qu’il cause procure un réel soutien à ces personnes et c’est pourquoi il est difficile de travailler pour les aider à guérir.

    Je vous suggère de téléphoner à ANEB (1-800-630-0907) cette ligne est gratuite et confidentielle. Que ce soit pour recevoir davantage d’information pour vous aider à comprendre la maladie ou vous aider à trouver des stratégies pour aider vos proches il nous fera plaisir de vous aider. Par ailleurs, il est important de reconnaître que tout comme la personne qui souffre, le proche qui la soutient a également besoin d’être soutenu, aidé. Nous offrons donc aussi des services d’aide et d’écoute aux proches de personnes souffrant de troubles alimentaires. N’hésitez pas en cas de besoin, vous n’êtes pas seules!

    L’équipe d’ANEB Québec

  4. vandenheede dit :

    bonsoir je suis anorexique depuis mes 15 ans j’en est 38 maintenant je suis sortie puis retomber dedans a chaque. fois c’est une maladie sans limite car la nourriture fait parti de notre vie le courage je l’ai j’arrive a m’en sortir mes des qu’il y as des fait triste je retombe dedans

    1. m.guenette dit :

      Bonjour, je comprends que ce doit être vraiment difficile, décourageant et épuisant, mais rappelez-vous que votre combat en vaut la peine. Chaque petite réussite est une victoire et de ce que je lis, je vois que vous tentez de vous en sortir. N’hésitez pas à nous appeler dans les moments plus difficiles, les moments durant lesquels vous vous sentez plus vulnérable 514-630-0907 (Montréal) ou 1 800 630-0907 (Ailleurs, sans frais).

  5. lise moreau dit :

    Ma fille a maintenant 22ans, et un poids santé,mais sa relation avec la nourriture est et sera toujours particuliere. elle a été hospitalisé 2 fois a st-justine et elle a fait l`hopital de jour a douglas. J`ai toujours crue que si moi sa mère je ne suis pas là pour elle, qui le sera? nous devenons des aidants naturel sans appuie. alors bravo! Un jour j`avais que nous devions pensée investir entre 7-9ans pour pouvoir sortir de l`enfer j`arrive a 7 ans et le soleil reviens

    1. admin dit :

      Bonjour,

      Nous sommes heureux de lire que vous commencez à voir le soleil revenir. En effet, il y a de l’espoir. Si jamais vous avez besoin de parler, de recevoir vous aussi de l’aide, sachez qu’ANEB offre du soutien aux proches. Vous méritez aussi de prendre ce temps pour vous. Vous pouvez nous contacter sur la ligne d’écoute pour ventiler, être écoutée, si le besoin se présente 514 630-0907 (Montréal) ou 1 800 630-0907 (ailleurs au Québec). Nous offrons aussi des groupes de soutien pour les proches. Pour plus d’infos: http://www.anebquebec.com .

  6. Jo dit :

    Nul besoin d’être la mère d’une personne qui souffre d’anorexie pour comprendre les sentiments que cette maman décrit. L’impuissance, la peine infinie, la colère… un beau mélange d’émotions mixées qui au final n’aident même pas la personne souffrante. Un lourd et difficile combat mais qui peut mener vers une victoire, un jour à la fois!

  7. Nadine Fortin dit :

    Bonjour,
    Mon message d’aujourd’hui en est un d’espoir.
    Ma belle grande fille a souffert d’anorexie sévère pendant 4 ans et demi. Nous avons vécu l’horreur en tant que parents de même que les proches. Nous avons failli la perdre à plusieurs reprises. Elle a passé plusieurs mois, voire années, à l’hôpital ou en résidence supervisée. De voir son enfant souffrir autant est atroce. En tant que parents, on vit tellement d’émotions et on doit faire beaucoup de deuils.
    Une des choses qui nous beaucoup aidé cependant est que nous avions donné un nom à la maladie et on distinguait notre fille de sa maladie. Il y avait elle ET la maladie. Plus souvent qu’autrement, la maladie prenait toute la place mais notre fille était toujours là, étouffée par cette voix qui prenait tant de place dans sa tête. Cette approche a permis de préserver la relation avec notre fille. Une autre chose qui nous a beaucoup aidé a été d’accepter d’être un filet de sécurité et donner de l’amour de façon inconditionnelle mais qu’on ne pouvait pas livrer la bataille à sa place. C’est un des plus gros deuils à faire: on ne peut pas les sauver malgré eux. On peut les aider à se sauver cependant. Dans notre cas, nous avons dû aller en Cour à quelques reprises pour la forcer à se faire soigner et la maintenir en vie. Ce n’était pas facile mais nous savions qu’une fois sous bons soins à l’hôpital, elle était en sécurité et pouvait reprendre des forces pour continuer de se battre contre la maladie. Enfin, il est plus qu’important en tant que parents de se faire aider, d’être accompagnés afin de pouvoir, à notre tour, accompagner notre enfant. Pour notre part, nous avons bénéficié d’un soutien extraordinaire du personnel de l’hôpital Douglas et de l’ANEB. Quant à ma fille, elle a pu compter sur une psychiatre, une nutritionniste, des intervenants en or. Il ne faut pas hésiter à leur faire confiance. Aujourd’hui, si vous pouviez voir ma fille! Cela fait plus de 4 ans qu’elle va bien. Elle est heureuse et épanouie. Elle accepte cet épisode de sa vie et assume pleinement ce qui est arrivé. Jamais elle ne s’apitoie sur elle-même ou ne se victimise. Elle a tellement grandi dans cette épreuve. Son cheminement lui a permis, entre autres, d’acquérir une sagesse et une compréhension de soi et de l’autre incroyables. Elle se connaît bien maintenant et prend soin d’elle. Elle a une vie tout ce qu’il y a de plus normal: elle est aux études, a un travail, un amoureux avec qui elle habite, un réseau d’ami(e)s, des projets. En raison de ce qu’elle a traversé, elle connait ses limites et est capable de s’écouter. Elle a failli faire une rechute il y a quelques années mais elle a tout de suite pris les moyens pour l’éviter. Bref, c’est une maman qui a vu la mort de très près qui vous écrit: gardez espoir, l’anorexie peut se guérir! Je vous joins le lien d’un témoignage qu’elle a accordé à Canal vie. (Désolée pour les publicités qui précèdent le témoignage…) http://www.canalvie.com/sante-beaute/bien-etre/moments-d-espoir?target=1.1853691
    Vous ne le croyez peut-être pas dans les moments les plus difficiles mais oui, c’est possible de se sortir de l’anorexie. Bon courage et toutes mes pensées vous accompagnent…

    1. m.guenette dit :

      Bonjour, tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre générosité. Merci de partager avec nos lecteurs votre vécu. Je suis particulièrement touchée de voir ce message empreint d’espoir. La lutte n’a pas dû être facile pour vous et votre fille. Votre message donnera sans doute la force nécessaire aux proches qui se sentent si souvent impuissants, épuisés et à bout de ressources pour continuer. Comme vous l’avez si bien mentionné, on peut s’en sortir, et plus fort ceci dit, comme votre fille. Comme vous l’avez souligné, elle possède désormais les outils nécessaires pour l’aider en cas de moments plus difficiles, moments plus vulnérables. À travers les épreuves, à travers le travail sur soi, on apprend beaucoup. L’ajout du témoignage vidéo qu’a fait votre fille est un ajout particulièrement important et parlant. Merci encore pour ce message si puissant! – Mélanie pour l’équipe d’ANEB

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