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Le temps des fêtes, quand on a un trouble alimentaire.

SapinPour plusieurs, le temps des fêtes rime avec famille, bonne bouffe et repos. Quand on souffre d’un trouble du comportement alimentaire, ce temps de l’année est source d’anxiété très importante.

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) de type anorexie et boulimie ont un point crucial en commun: la crainte de prendre du poids. Grossir, devenir grosse. Prendre du gras, perdre le contrôle.

Quand on vit avec un TCA, on ne mange pas souvent avec les autres, question de contrôler ses portions au gramme près. Question aussi de ne pas manger du tout si la quantité ingérée dans la journée est jugée trop importante.

Impossible dans le temps des fêtes… on mange en famille.

Le temps des fêtes signifie de revoir la parenté vue une fois l’an ou presque et de craindre leur commentaire à l’égard du poids.

Un: « Tu as l’air bien ! » anodin pour l’un signifie « tu as pris du poids » chez la personne souffrant d’un TCA.

Les longs repas en famille, où la nourriture riche abonde, fait perdre tous repères scrupuleusement instaurés au cours de l’année. Les buffets interminables aux mille et un choix sont encore pires. L’anorexique ou la boulimique se sent constamment surveillée par ses proches. « Croiront-ils que je mange trop ou trop peu? »

Aucun choix n’est pris à la légère, chez la personne qui souffre de TCA, détrompez-vous.

Devant un repas constitué d’aliments habituellement servis une fois l’an, il est difficile de savoir combien de calorie et de gras on a ingéré. S’en suit inévitablement une crainte intense de prendre du poids.

Le 26 décembre, elles courent, s’entraînent. Non, ce n’est pas rose, la vie d’une personne qui souffre de TCA.

Dans le temps des fêtes, il y a toujours une tante ou une cousine qui parle de son régime (régime déjà fait, en action ou à venir en janvier). Cela irrite et accentue une fois de plus le mal-être de la personne qui souffre d’anorexie, de boulimie ou d’un trouble alimentaire non spécifié.  Elles ont peur que quelqu’un perde plus de poids qu’elle. Alors elles resserrent la vis. Et leur estime personnelle dégringole encore plus.

Cette année, je vous prie, vous qui côtoyer possiblement une personne préoccupée par son poids, de ne pas commenter le poids de personne. Pas le sien, pas celui du voisin, pas le vôtre. Commentez les cheveux, les yeux, le nez (ça ne grossit pas un nez !). Mais pas le poids. Ni l’assiette. Afin de rendre moins houleux le temps des fêtes des personnes qui sont, bien malheureusement, aux prises de ce grave problème de santé mentale.

Stéphanie Thibault, Dt.P. Nutritionniste

 

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