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S’imposer la liberté.

À partir de quel moment doit-on considérer nos comportements comme malsains?

Dans la société actuelle on remarque que tout le monde est un peu obsédé par la nourriture. De nombreux comportements associés au trouble alimentaire sont maintenant «banalisés» sous prétexte que l’on prend soins de soi, que l’on choisi d’être plus «en santé.»

Ça paraît bien quand même de dire que l’on ne veut pas avoir un «excès de poids», ou que l’on choisi d’être végé dans le but de diminuer la souffrance des animaux et contrer le réchauffement planétaire (et je n’ai absolument rien contre les gens végétariens; et ce ne sont pas tous les végétariens qui ont un trouble alimentaire, précisons-le).

Bref, s’accrocher à des prétextes devient pratique commune lorsqu’il s’agit de défendre des comportements malsains.

La réalité c’est que je n’ai aucune opinion scientifique, aucune statistique qui prouve mon point de vue. C’est le vécu qui parle: l’expérience. Les multiples thérapies auxquels j’ai participés, les différents psychologues rencontrés. Les âmes charitables qui m’ont raconté leurs histoires et les gens que j’ai côtoyés au fil des années. Les différentes publicités affichées dans les magazines et les tendances « trop à la mode » dans le fameux monde « des Internets ».

À mon avis, une habitude devient malsaine quand elle te prive de quelque chose. Ça sert à quoi de couper dans ci, de couper sur ça, quand c’est quelque chose que tu aimes? La nourriture ne devrait pas seulement être tolérée, mais APPRÉCIÉE. Il n’y a rien de plus merveilleux que de manger quelque chose que l’on adore.

Une habitude devient malsaine quand elle occupe tout ton esprit. En mangeant, nous sommes supposés être disponibles pour apprécier la présence des gens autour de nous ainsi que ce qui se trouve dans notre assiette. Nous devrions être concentrés à faire la jasette avec notre soeur ou demander à nos enfants comment s’est passé leur journée. C’est un moment qui devrait rassembler, rapprocher. En avant uniquement sur la valeur nutritionnelle des aliments, une personne ne peut vivre l’expérience de façon agréable et en profiter pleinement.

Manger, ce n’est pas ça.

Manger c’est vital. Il faut manger pour vivre, tout comme l’on doit respirer. C’est tout simple… mais nous avons réussi à compliquer cette action qui devrait pourtant être innée depuis la naissance. Pensez aux enfants que vous connaissez: votre fils, votre petite sœur (pour moi, ils ont permis de nombreuses réalisations quant à mon alimentation).

Ils mangent quand ils ont faim. Ils arrêtent de manger quand ils n’ont plus faim. Ils demandent ce qu’ils veulent et mangent de tout.

En vieillissant, cela ne devrait pas changer.

Se nourrir devrait être SIMPLE

Certaines personnes adorent cuisiner, d’autres trouvent qu’il s’agit d’une tâche épuisante et aiment mieux faire la vaisselle. Quoi qu’il en soit, cuisiner ne devrait pas causer de maux de tête ou être aussi difficile qu’un exam de maths. Loin de là. Quand on remarque que cuisiner et/ou manger devient quelque chose plus complexe que simple… on devrait se questionner.

Quelle est la raison pour laquelle je choisi tel ou tel aliment? Parce qu’au fond, on devrait manger selon nos besoins et nos désirs. Et si j’ai appris quelque chose depuis mes années de thérapie, c’est que le corps est vraiment bien fait (emphase sur le vraiment).

Peu importe ce qu’on impose à notre corps, il se bat pour sa vie. On ne décide pas de ce qui nous manque ou de ce qui est considéré comme «assez.» Notre corps est maître de nos besoins. C’est également pour cette raison que chaque individu a des besoins différents et qu’il ne faut EN AUCUN CAS comparer notre alimentation.

C’est vraiment un sujet sensible pour certaines personnes. Avouer que nous n’avons pas le contrôle sur notre corps, c’est difficile pour certain(e)s. Cela demande de se montrer vulnérable et demande un certain lâcher-prise.

Je ne le dirai jamais assez, mais il faut apprendre à faire CONFIANCE à notre corps. Il faut arrêter de l’épuiser et de lui imposer toutes sortes de défis irréalistes. Vous valez beaucoup plus qu’une vie passée dans les régimes, la rigidité et la restriction. C’est triste de réaliser que certaines personnes perdent leur vie entière à essayer d’atteindre des objectifs qui sont tout simplement impossibles à satisfaire.

Moi, ce n’est pas ça que je veux.

Je veux être libre. Je veux vivre dans la curiosité, la satisfaction et le désir. Je veux savoir ce que j’aime et ce que je n’aime pas. Je veux goûter à des aliments inusités et savourer une culture. Je veux pouvoir faire des choix et ne pas me sentir forcée ou obligée.

Ce texte est pour chaque personne qui vit de la culpabilité et s’inflige autant de règles. Que vous ayez souffert d’un trouble alimentaire ou que vous ayez une relation complexe avec la nourriture, que vous soyez un homme ou une femme, que vous ayez 17 ou 70 ans… Ce texte est pour vous.

Je l’ai écrit pour toutes les fausses croyances quant à la nourriture ainsi que toutes les fois où j’ai entendu des gens autour de moi dire qu’ils se sentaient coupables d’avoir mangé un certain aliment. Pour toutes les fois où j’ai entendu des conneries quant aux aliments qu’il faudrait éviter et toutes les diètes aussi stupides qu’irréalistes qu’on retrouve beaucoup trop souvent dans la vie de tous les jours. Pour toutes les applications débiles qui comptent, pèsent, mesurent et conseillent.

Pour contrer cette vague de perfection imposée à une société qui devrait se battre pour ne pas s’effondrer sous de tels standards.

Moi, ça s’arrête ici. Si je m’impose une chose c’est la liberté de choisir.

Élyse xxx

4 thoughts on "S’imposer la liberté."

  1. Habrib dit :

    Continue à déployer tes ailes de liberté ma belle, envers et contre « tout ». Avec « toute toi ».

    1. Élyse Beaudet dit :

      Habrib, je t’aime et merci pour tout. Je compte bien déployer mes ailes avec une amie comme toi à mes côtés. Je te le souhaite aussi, belle Doucine. x x x

  2. Dakine dit :

    Je ne sais pas où mon commentaire arrivera, mais je voulais juste vous dire à quel point je cherche ce genre de réconfort en ce moment. Je suis fatiguée de compter, de penser, de me demander à chaque jour si j’ai trop ou pas suffisamment mangé. D’avoir peur du pèse personne à chaque matin, de me détester lorsqu’elle indique un chiffre trop élevé, de laisser ma vie être contrôlée par la nourriture et ne plus profiter de l’instant présent. Votre texte me fait énormément de bien car je me rends compte que je ne suis pas seule dans cette situation qui commence à devenir un enfer pour moi. Merci beaucoup.

    1. m.guenette dit :

      Bonjour Dakine, je sens que vous êtes actuellement fatiguée, fatiguée de lutter constamment contre votre corps et la nourriture. Épuisée de vous faire contrôler par un chiffre. Je vous invite à nous contacter, afin d’obtenir, comme vous le dites, le réconfort dont vous avez besoin. En appelant sur notre ligne d’écoute, vous pourrez ventiler, être écouté et obtenir des services ou être référéw au besoin 514 630-0907 (Montréal) ou 1 800-630-0907 (ailleurs au Québec, sans frais). Il y a de l’espoir, chez ANEB nous voyons plusieurs personnes améliorer grandement leur qualité de vie et s’en sortir.

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