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Un cri du coeur

J’ai envie de raconter des anecdotes que j’ai vécues en lien avec non seulement l’image corporelle en générale, mais la mienne aussi. Avant de commencer, j’aimerais spécifier que la pression que peuvent ressentir les femmes par rapport à leur corps est aussi présente chez les hommes. Par contre, puisque je suis une femme, je parlerai surtout au féminin. Bref, ce qui suit peut ressembler à une liste d’épicerie d’insultes et de non sens, mais je tenais à en parler pour montrer qu’il y a une réelle problématique.

Je me souviens d’une fois où je me suis faite dire, dans une ancienne relation, que si j’engraissais et atteignais un certain poids, la personne en question allait me laisser. J’ai répondu par une question : « Quand je vais être enceinte, il va arriver quoi ? » et de me faire répondre : « Tu vas te mettre sur le tapis roulant! ». J’ai encore de la difficulté à le digérer…

Dans le même ordre d’idées, j’entends parfois des gars dire qu’ils ne sont pas excités ou attirés par des filles qui présentent plus de courbes. Quand j’entends ce genre de propos, j’ai envie de crier! J’ai l’impression que leurs goûts/leurs codes d’attraction sexuelle ont été acquis et façonnés par la société dans laquelle on vit, qu’ils ont été en quelque sorte « brainwashés » par les standards de beauté de celle-ci. Je trouve cela plutôt triste et fâchant. Pour ces gars, le poids va outrepasser la personnalité de la personne.

Cela me désole de voir que nous suivons aveuglément des normes qui ne font pas vraiment de sens. Ces normes, les paroles et les jugements illustrés précédemment pourraient faire en sorte que les femmes aient peur de devenir enceintes, de peur que leur corps change et qu’elles ne soient pas capables de retrouver la forme qu’elles avaient avant la grossesse pour… plaire aux autres ? Et en tant que femme, on n’a surtout pas le droit de vieillir, parce que le vieillissement apporte des changements corporels qui sont tout le contraire des modèles qu’on nous présente. On a donc cette pression de devoir constamment avoir l’air jeune. Certaines femmes peuvent développer une obsession par rapport à leur apparence. Elles peuvent ainsi avoir recours à des chirurgies plastiques, au sport excessif et/ou à des régimes amaigrissants pour parvenir à atteindre les objectifs qu’elles se sont fixées, voire leur idéal de beauté. J’avoue que les paroles qu’on m’a dites et que j’ai entendues m’ont moi-même fait avoir peur de vieillir et de voir mon corps changer, de peur de ne plus plaire et d’être jugée.

Je pense qu’une des solutions serait, comme le dit si bien l’adage, de prévenir au lieu de guérir! L’éducation doit se faire dès le jeune âge pour être sensibilisé au bon moment, au lieu d’essayer de défaire certaines croyances et idées profondément ancrées. Plus spécifiquement, il est important d’aider les jeunes à développer un sens critique par rapport à ce que la société envoie comme messages quant à l’apparence. Il faut les sensibiliser par rapport aux changements corporels qui arriveront au courant de leur vie (puberté, grossesse, vieillissement) et leur parler de l’impact des commentaires liés au poids. Je suis consciente que même en faisant de la prévention, il est difficile de se détacher des normes sociales, des valeurs familiales et des croyances que l’on peut recevoir de notre entourage. Nos propres paroles et comportements ont une influence sur les autres. Nous avons donc tous un rôle à jouer. On peut d’abord réfléchir à notre propre rapport au corps et à ce que l’on véhicule comme message quant au poids, à l’apparence, le sport, la santé ou l’alimentation. En y prenant conscience, on peut par la suite tenter d’être, en quelque sorte, un modèle pour les gens qui nous entourent. Bref, nous sommes tous, à différents niveaux, influencés par ce qui nous entoure, et nous influençons les autres à notre tour dans leur façon de percevoir leur corps, de définir la beauté et leurs idéaux de beauté. Il faut donc en être conscient pour mieux comprendre et pouvoir passer le mot!

Cassandra Radeschi, bénévole chez ANEB, diplômée en sexologie

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