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Mourir pour une fausse idée

Le metro arrive. Je le contemple un moment. J’entre. Le trajet semble long. Pourtant, il n’y a que deux stations. Une station de départ. Un terminus. Aucun retour possible. Départ de la vie. Aller vers la mort.

J’ai acheté mon passage sur un coup de tête et maintenant, je le regrette. Il date d’il y a trois ans. Malheureusement , il est toujours valide…et c’est aujourd’hui qu’il me sert. Sans que je m’en sois attendue. J’ai joué avec mon corps, joué avec ma tête. Je n’en ai pas pris soin et maintenant, il est trop tard. Je me suis crue invincible. Plus le temps progressait, plus je me motivais à pousser plus loin et encore plus loin…jusqu’à ce que mon corps décide qu’il ne voulait plus jouer. Jusqu’à ce qu’il déclare forfait. Et comme il nous arrive bien souvent, il a fallu qu’il soit trop tard pour que je réalise et que je regrette.

Jeuner. Devenir affamé. Tout dévorer. Entre la culpabilité. Essayer de compenser. Diurétiques. Laxatifs. Exercices. Aucune perte de poids ou pas assez à notre goût. Jeuner. S’affamer. Tout recommencer. S’épuiser. Se décourager. Mais continuer. Se dérégler…jusqu’à ce que notre corps ne puisse plus le supporter. Embarquer à bord. À bord du métro vers la mort.

Les troubles alimentaires peuvent tuer. Vous rendez-vous compte, mourir pour une fausse idée? Une perception erronée. La perception de croire que notre unique valeur est notre physique et voir celui-ci si énorme, si difforme, alors qu’il est dans ou sous la norme. Les troubles alimentaires peuvent toutefois être réchapés. Il suffit d’accepter de se faire aider pour retrouver la volonté de lutter. Pour retrouver l’envie de manger normalement, sans culpabilité.

Ce n’est pas facile. C’est une route périlleuse. On a l’impression que nous n’arriverons jamais à la traverser, mais il ne faut jamais se décourager. Il faut continuer d’avancer, malgré la douleur, malgré la souffrance. C’est possible d’y arriver. Puis, lorsque nous arrivons au bout, nous sommes tellement fiers de nous. C’est une nouvelle vie qui s’apprête à commencer. Nous allons tous, un jour, embarquer à bord du metro vers la mort, mais cela est préférable que ce soit lorsque que nous aurons 95 ans et plus une dent…une mort de vieillesse, naturelle. Une belle mort paisible, dans notre lit, avec dans notre esprit, les milles et un plus beaux souvenirs de notre vie épanouie.

Allez,

Bonne guérison!

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