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Des étudiantes du Cégep Marie-Victorin dénoncent la pesée au cégep

Nous sommes une équipe de six étudiantes en Techniques de travail social, au Cégep Marie-Victorin. Dans le cadre de notre cours Projet en intervention communautaire, nous avons entrepris d’éliminer la pesée (qui est pratiquée dans l’optique de calculer l’IMC) dans les cours d’éducation physique de notre cégep. Tout d’abord, il est important de préciser que la pesée a récemment été retirée au primaire ainsi qu’au secondaire, suite à une pétition déposée en février dernier. La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a recommandé aux cégeps que la pesée soit faite sur base volontaire et de façon privée.

Or, pourquoi ne pas interdire complètement la pesée dans les cégeps?

Les étudiant(e)s au cégep sont justement les plus à risque de développer des troubles alimentaires. Si vous ne le saviez-pas, la période la plus propice au développement des troubles alimentaires est celle de 14 à 25 ans. Période en plein dans laquelle se situent les étudiants du cégep. Rappelons-nous que pour un grand nombre d’étudiant(e)s, il n’y a pas beaucoup d’années qui séparent le secondaire du cégep. Pour plusieurs étudiant(e)s, la pesée est un évènement anxiogène. Elle peut entraîner des obsessions et des comportements de contrôle vis-à-vis la nourriture, tels que l’adoption de régimes amaigrissants, faire de l’exercice à outrance, avoir des pratiques compensatoires quelconques, etc., aux risques de développer des troubles alimentaires.

Nous considérons que les personnes ne se définissent pas par un chiffre représentant leur poids. Nous sommes en faveur de la diversité corporelle et nous considérons que la pesée n’est pas nécessaire, ni adéquate dans les cours d’éducation physique.

Une pétition pour abolir la pesée au Cégep Marie-Victorin

Notre équipe a donc décidé de mettre sur pied une pétition visant à abolir totalement, et non que partiellement, la pesée dans notre cégep. Nous avons d’ailleurs tenu un kiosque de sensibilisation sur les troubles alimentaires le mercredi 19 avril à notre cégep, lequel nous a permis de récolter plusieurs signatures ainsi que de recevoir des témoignages des étudiant(e)s en ce qui concerne la pesée.

Pour signer notre pétition: http://ow.ly/nfiw30bqLJ7

Des témoignages qui font réfléchir

Plusieurs étudiants nous ont partagé leur expérience avec la pesée dans les cours d’éducation physique. Ces témoignages nous ont particulièrement touchés. En voici quelques-uns :

Une étudiante nous a confié: « l’IMC n’a jamais fonctionné pour moi, ça disait toujours que j’étais en surplus de poids parce que je m’entraîne beaucoup. » En effet, tel que mentionné précédemment, la pesée est pratiquée afin de calculer l’indice de masse corporelle (IMC) des étudiant(e)s. Cependant, ce n’est pas une donnée représentative de la condition physique de la personne, puisqu’elle ne tient pas en compte de la masse musculaire de celle-ci (et de bien d’autres données).

Une étudiante nous a dit qu’elle trouve que la pesée est gênante, honteuse, discriminatoire et irrespectueuse envers les étudiants. Elle a ajouté que « l’important c’est de s’aimer comme on est. Nous sommes assez responsables pour prendre les décisions concernant notre poids et notre santé. »

Une autre étudiante nous a partagé qu’elle avait déjà eu un trouble alimentaire. Lorsqu’elle a dû se peser, elle savait qu’il était préférable qu’elle ne se pèse pas, mais il y avait l’appel de la maladie. Elle a dit: « la pesée c’est devant toi, et ça te rend plus malade. Ça réveille la maladie, même si tu t’en es sorti.»

Ces témoignages et bien d’autres, nous ont permis de constater que la pesée a des effets néfastes sur plusieurs étudiant(e)s de notre cégep. L’indice de masse corporelle ne fait que classer les étudiant(e)s dans des catégories et, ainsi, leur impose une étiquette. En ce sens, nous prônons l’importance que la personne soit bien dans son corps et qu’elle soit satisfaite de son image corporelle, d’abord et avant tout. Les modèles de beauté doivent être diversifiés puisqu’il n’y pas de modèles parfaits; ce sont les imperfections des corps qui font justement la beauté de ces derniers.

Les étudiants ne veulent pas nécessairement savoir leur poids dans le cadre de leur cours d’éducation physique ni le partager avec leur professeur dans un travail obligatoire. Le poids c’est personnel et ça nous appartient.
Audrey, Karine, Alexia, Gabriela, Stéphanie et Romy,
des étudiantes du Projet PIC 2017 en Techniques de travail social du Cégep Marie-Victorin

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