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Dernière destination beauté: Paris

Notre voyage en Europe tire à sa fin; mon copain et moi n’avons que quatre journées à Paris avant notre retour à la Belle Province. Paris est notre dernière destination non pas par choix, mais presque par défaut. Nous l’avons incluse, d’une part, pour le billet d’avion à bon prix, et d’autre part, pour éviter les regards désapprobateurs de la famille et des amis en leur annonçant que nous avons eu pieds sur le sol Parisien et que nous n’avons même pas visité la tour Eiffel. Quel sacrilège!

Mon manque d’enthousiasme pour Paris provient du fait que je croyais tout connaître de cette ville. Paris est la muse de nombreux poètes et chansonniers, et le paysage d’innombrables films, téléséries et publicités. La tour Eiffel m’apparaissait comme un tas de ferrailles n’ayant aucune utilité particulière. J’ai été exposé à l’image de ce monument dès mon plus jeune âge dans les photos de voyage des autres, sur les cartes postales, les porte-clés, etc. La tour Eiffel me semble si familière que lorsque mon copain et moi nous dirigeons vers elle, j’ai l’impression de marcher vers la tour CN de Toronto.

Nous planifions visiter le parc de Champs-de-Mars, afin de voir au loin la tour Eiffel et de s’en rapprocher peu à peu. Nous avons eu la malchance de se perdre en cours de route ce qui nous a amené à prendre le chemin d’un boisé situé juste derrière la tour. Ce boisé est si dense que nous n’apercevons aucunement le monument jusqu’à ce que nous atteignions un de ces quatre pieds. La vue d’un seul pied est assez pour me couper le souffle. Je lève tranquillement mes yeux vers le haut jusqu’à ce que mon cou ne puisse plus s’étirer davantage. Je demeure la bouche ouverte et les yeux écarquillés pour un bon moment, le temps d’absorber l’énormité de ce qui est devant moi.

À ma grande surprise, le « tas de ferrailles » m’a émue. Son architecture et ses matériaux renvoient l’image d’une structure ancrée, immobile et à l’épreuve de tout. Ses boulons illustrent qu’elle peut facilement être déconstruite et reconstruite à nouveau. L’absence de murs et de fenêtres donne l’impression qu’elle respire, qu’elle n’a rien à cacher. À ce moment, je constate que la tour Eiffel représente la personne que j’aimerais être; une personne capable de demeurer solide et immobile devant les épreuves de la vie; une personne en moyen de déconstruire ses pensées irrationnelles pour les reconstruire en pensées réalistes; une personne qui prend le temps de respirer la vie et d’accueillir les autres.

Je suis restée assise à admirer la tour Eiffel jusqu’à la nuit tombée. Elle était la preuve que les premières impressions peuvent être trompeuses, qu’une image ne rend pas justice et que ce n’est qu’avec le temps qu’on peut voir l’essence des choses. Le vent se lève et je décide de retourner à l’hôtel. C’est alors qu’elle me surprend une dernière fois en s’illuminant de milliers de lumières scintillantes. Je n’y pouvais rien; j’étais sous le charme d’un « tas de ferrailles » avec lequel j’ai agréablement passé chacune de mes dernières soirées.

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