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De la volonté, c’est tout ?

Si les gens se prenaient en main, ils seraient minces. C’est simple non ? « Fais de l’activité physique, mange moins et mieux et tu vas être slim.». J’entends et je lis sur la toile ce genre de commentaires fréquemment. Pire encore, après qu’une personnalité publique ait affirmé sous forme de lettre ouverte sur son Facebook que le poids n’est qu’une question de volonté, de nombreuses personnes ayant elles-mêmes un surplus de poids ont applaudi cette lettre ouverte en commentant qu’effectivement, elles se laissaient aller et qu’il faudrait bien qu’elles se prennent en main… QUOI ? Il s’agissait à leurs yeux d’une motivation.

S’accepter, c’est abandonner?

Non seulement nous devons nous battre tous les jours contre un modèle unique de beauté afin de rester authentique et de s’accepter tel que l’on est, mais en plus, il y en a pour penser et affirmer haut et fort que tout n’est qu’une question de volonté, ce qui sous-entend donc que le reste du monde, les gros, les enrobés, les pas musclés, sont simplement paresseux. S’accepter tel que l’on est, ce serait donc abandonner.

Régimes et détermination

Se priver de manger de ce que l’on aime pendant x nombres de jours, sauter des repas, prendre des substituts de repas, dans le but de maigrir, ça prend de la volonté. Recommencer pour une énième fois, ce même cycle de régime voué à l’échec, ça demande de la détermination et la plupart des personnes en surplus de poids sont passées par là plus d’une fois. D’où viennent ces préjugés à l’égard du surplus de poids ?

Stigmatisation à l’égard du poids

À une certaine époque, une époque où les rondeurs étaient synonymes d’abondance, une personne bien en chaire était une personne qui menait une vie bonne. Cela était synonyme d’opulence, de richesse. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’embonpoint est associé à un statut socioéconomique faible . Les temps ont donc changé.

Les préjugés à l’égard du poids ont des effets importants sur la santé de ceux qui en sont victimes. Ils minent la confiance en soi d’une personne au point où elle s’approprie les idées préconçues que les autres ont d’elle. Ce phénomène peut probablement expliquer le nombre important de gens en surpoids qui en viennent à croire que s’ils sont ainsi, c’est parce qu’ils manquent tout simplement de volonté. Et qui, pire encore, voient dans le fait de se faire dire par autrui que « Quand on veut, on peut !», une motivation à perdre du poids. Motivation qui, trop souvent, mène à des mesures drastiques (régimes amaigrissants, surentraînement, etc.). Une récente étude effectuée par l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), auprès de 824 jeunes âgés de 14 à 18 ans, nous apprend que 37 % des adolescents croient que le poids est la raison principale pour laquelle ils se font intimider à l’école et que 59 % d’entre eux considèrent que les élèves de leur école se font traiter de noms, taquiner ou intimider à cause de leur surpoids. Ces données sont préoccupantes.

AS

Des outils pour intervenir

L’ASPQ a développé un microsite qui aborde la question de la stigmatisation à l’égard du poids : changezderegard.com. Vous y trouverez une section qui s’adresse aux adolescents, une autre aux parents et une dernière aux enseignants. Ce site contient plusieurs ressources, des conseils pour intervenir sans nuire et deux guides pédagogiques à l’intention des professeurs d’éducation physique et à la santé et des professeurs d’éthique et de cultures religieuses disponibles pour téléchargement.

S’accepter, c’est ça la liberté!

Être libre d’être soi-même… De ne pas correspondre au modèle unique de beauté et d’être en paix avec ça. De manger ce qui nous fait plaisir et qui nous fait du bien et de ne ressentir aucune culpabilité. C’est ça au fond la liberté et ça demande du courage et de la détermination. Nous avons tous certains préjugés à l’égard du surpoids. C’est bien normal, tout notre environnement contribue à véhiculer ces préjugés. Soyons attentifs à ceux-ci et tentons de les questionner, de les réévaluer. Continuons à remettre en question le modèle unique de beauté.

Émilie Danserau-Trahan, Chargée de dossier Saines habitudes de vie ASPQ

Crédits photo: ASPQ changezderegard.com

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