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Sans retouche à l’école, c’est possible? Un dénouement positif.

*Article mis à jour

 Une mère engagée publiait sur son Facebook ce matin une photo du formulaire à remplir pour la commande de photos scolaires de son enfant. Un formulaire développé par une compagnie spécialisée dans la photographie portrait à laquelle plusieurs établissements scolaires font appel, mais dont le fonctionnement pourrait s’apparenter à plusieurs autres entreprises similaires.

À sa grande surprise, sur le formulaire, il est possible de cocher plusieurs options de retouches photos moyennant 10$ par retouche, dont les lèvres, le menton, le cou, etc.

retouches-photos

Ce matin faisant front commun avec la maman, nous nous sommes questionnés chez Anorexie et boulimie Québec quant à cette pratique et les messages quelle peut renvoyer aux jeunes.

Pour ou contre, chacun y allait de ses arguments sur les médias sociaux. Notre objectif étant de rassembler nombre de commentaires et l’appui du public, puis de contacter ladite compagnie. Nos soucis ont été entendus. Moins d’une heure plus tard, j’ai eu la chance de parler avec un responsable de l’entreprise à l’écoute et soucieux de comprendre nos réactions. Tel que je m’en doutais, le fait de nommer certaines parties précises du corps sur le formulaire en question permet à la compagnie de faciliter les procédures (qui demandaient autrefois beaucoup plus de temps).

Je (je préfère ici parler en mon nom) leur ai expliqué à mon tour ma vision, comme quoi, sans le vouloir, cette façon de procéder peut inculquer la notion aux jeunes que leur corps ne correspond pas aux critères de notre société. Nous savons par ailleurs que l’image corporelle fait partie des principales préoccupations des adolescents, et que l’un de leur plus cher désir est de faire partie du groupe et de correspondre à la norme.  Cette façon de procéder ne peut-elle par représenter, encore une fois, l’occasion aux jeunes d’évaluer de façon négative leur corps? De les inciter à vouloir le camoufler et le modifier?

Mon interlocuteur m’a rassuré quant au fait que les modifications apportées sont généralement mineures, et concernent plus souvent qu’autrement un faux plis dans un vêtement, une tache, un oeil fermé. On me confie que les retouches photos répondent généralement aux demandes et préoccupations des parents. Malheureusement, il arrive en effet que certains parents demandent des modifications physiques telles qu’enlever des traces d’acné. Bien dommage, quel message envoie-t-on aux jeunes?  Heureusement, le peu de parents qui demandent de nombreuses modifications sont généralement rebutés par le prix. Et les transformations importantes ne représentent vraiment pas l’objectif de la personne qui me parle au téléphone.

L’homme que j’ai au bout du fil me dit qu’il a lui-même souffert beaucoup durant son adolescence de stigmatisation et d’intimidation par rapport à son apparence.

Suite à une conversation fort positive, mon interlocuteur me propose de se positionner positivement et d’ajouter une petite phrase au bas qui reste à déterminer. Une mention comme quoi les corrections sont mineures et n’ont en aucun cas pour objectif de modifier de façon significative le corps et l’apparence des jeunes. Je dois dire être particulièrement heureuse que la compagnie aie ce souci et soit prête à faire ce bout de chemin. Espérons que d’autres suivront le pas.

Mon souci, offrir la chance aux jeunes de s’accepter et de développer une image positive de leur corps. Espérons qu’une telle phrase fera aussi réfléchir certains parents, certains modèles avant qu’ils ne procèdent à de quelconques modifications.

Je pense que la situation de ce matin montre tout simplement à quel point les gens sont prêts à se mobiliser pour le bien-être des jeunes, qu’il s’agisse des parents, des compagnies de photographies ou autre.  Il importe de peser nos mots et de réfléchir à ce que nous véhiculons comme messages aux jeunes, chaque geste compte…  même s’il vous semble minime.

* Vous souhaitez soutenir notre cause et faire avancer les choses, le 7 octobre joignez-vous à nous pour notre soirée Monsieur ANEB: Le Cabaret. Un évènement organisé par notre porte-parole masculin Félix-Antoine Tremblay, durant lequel une vingtaine de personnalités publiques se mobiliseront pour soutenir notre organisme.

*L’objectif derrière la première version de ce billet de blogue était de questionner la pratique, et de voir si d’autres façons de procéder peuvent être mis en place. En aucun cas, nous ne souhaitons porter préjudice à une compagnie en particulier. 

Mélanie Guénette-Robert, responsable du volet éducation et prévention chez Anorexie et boulimie Québec (ANEB)
Crédits photo: Le Facebook d’une maman qui a à coeur le bien-être de ses enfants.

3 thoughts on "Sans retouche à l’école, c’est possible? Un dénouement positif."

  1. Yan Theriault dit :

    Vous êtes incroyables. Incroyables. C’est une pratique qui existe depuis TOUJOURS. Avant ça se faisait au pinceau. Et c’était le même prix.
    Ce sont des retouches de corrections (feu sauvage, acné, blessures, tache de ketchup). Ils sont pas en train d’offrir des chirurgie!!

    Oh… BTW… dites moi sans rire que dans ce bandeau avec les photos de profil il n’y a aucune retouche.

  2. Annie dit :

    Vive les réseaux sociaux, c’est facile de laisser son emportement gagner sa liste de contacts. Des fois c’est tout-à-fait justifié, j’en convient alors que d’autres fois, c’est plutôt questionnable. Je comprends bien la réaction de la maman outrée mais crois qu’ici, la première chose qui aurait dû être faite avant que ce post se transforme en billet de blogue aurait été de contacter la compagnie pour avoir plus d’informations pour préciser leur offre et la façon dont ils la présente. Selon moi, comme je l’ai écris sous le status de la maman, il s’agit principalement de retouche de boutons, cicatrices et imperfections, ça m’étonnerait qu’on offre une retouche de type liquify pour faire parraître l’étudiant(e) plus mince ou avec une poutrine plus oppulente. Je me trompe peut-être mais je pense que ça aurait valu le coup de s’informer un peu mieux avant d’en faire toute une histoire

  3. karine lb dit :

    Nous avions des photos scolaires gachées….et ce n’était pas la fin du monde…. ce sont de belles anecdotes et …. C’EST LA VIE ! Monde esthétique, asceptisé…. pfff!!!
    C’est drôle une grimace et une tache de ketchup 20 ans plus tard…. Souriez 🙂

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