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« Je fais juste attention »

De nos jours, tout est question de performance : on veut avoir une carrière, une vie de famille accomplie, être en forme, bien manger…

Bien manger? Pour la santé, peut-être. Pour être mince, bien plus souvent.

La minceur et la perte de poids, synonyme de…

La minceur est considérée comme une victoire. Combien de fois félicite-t-on quelqu’un qui a perdu du poids après un régime? Combien bien de fois applaudit-on une nouvelle maman qui retrouve sa taille après 3 mois? Pas mal plus souvent que l’autre, celle qui a « échoué ».

On accorde une importance démesurée au poids. Et on se permet de s’en servir pour juger tout le monde, par un simple coup d’œil. Une personne a un poids qui ne correspond pas à la « norme »? Hop, on l’étiquette aussitôt. Paresseuse. Lâche. Si elle est mince, alors là, c’est tout le contraire. Belle. Forte. En contrôle.

Pour échapper à ce jugement, on souhaite être mince. Par tous les moyens. On veut gagner la bataille des kilos, coûte que coûte. Pas surprenant que l’industrie de la minceur soit si lucrative !

Alors, on « fait attention ».

On suit les régimes à la mode et on coupe : pain, pâtes, patates? Éliminés! On se prive, pour un temps, jusqu’à ce qu’on en puisse plus, et on tombe dans l’excès… jusqu’au prochain régime.

Une question de taille s’impose : mais où est la ligne entre le fait de vouloir un poids sain et celui de le contrôler de façon excessive? Et je ne parle pas ici nécessairement d’anorexie ou de boulimie. Je parle d’être préoccupé à un point tel par son poids que cela affecte sa santé.

Ça arrive, et bien plus souvent qu’on le pense.

Je parle du fait d’être constamment insatisfait de son poids : « Si j’arrivais à perdre un petit 5 livres, je vais être tellement bien! ». Je parle ici d’avoir plus de régimes à son actif que de doigts sur sa main. Je parle ici de se priver de profiter de certains moments parce qu’on « fait attention ». Je parle du fait de penser sans cesse à son prochain repas, à ce qu’on va manger… ou ne pas manger. Je parle ici de sauter sur chaque promesse de perte de poids; « Et si le jus au champignon fermenté sera LA solution pour maigrir enfin ? ». Je parle ici d’être dans sa cuisine, à l’abri des regards, et de manger tout ce qui nous tombe sous la main. Parce qu’on arrive plus à se contenter d’une salade, pas de vinaigrette.

Je parle ici du fait de vivre dans l’illusion que le bonheur se défini par le poids que la balance indique…

Sommes-nous vraiment à quelques livres d’être heureux?

La question n’en est peut-être pas une question de poids, mais de société. Le but ici n’est pas de diagnostiquer un trouble alimentaire à chacun, bien au contraire. C’est plutôt de réfléchir au modèle de beauté auquel on s’épuise à vouloir atteindre.

Refuser de répondre à ces critères inatteignables qu’on nous propose dans les magazines, c’est déjà faire un pas en avant. Le prochain, c’est d’être convaincu que la beauté c’est bien plus qu’une taille de pantalon. La prochaine fois que vous vous regarderez dans le miroir, pensez à l’image que vous souhaitez envoyer à vos enfants. Celle de quelqu’un bien dans sa peau qui s’accepte telle qu’elle est? Ou bien celle qui passera sa vie à courir après un chiffre ?

Marie-Joëlle Poirier, étudiante en nutrition

3 thoughts on "« Je fais juste attention »"

  1. Myriam Morand dit :

    Excellent article!

  2. Vanessa F. dit :

    Faire attention… Pour la santé? Pour être mince? Peut-on vraiment affirmer qu’on a une relation saine avec la nourriture quand on « fait juste attention »? Belle réflexion à avoir! Merci! 🙂

  3. Stéphanie L. dit :

    Je suis reconnue dans se texte et fait réaliser combien je pouvais être creux dans la spirale. Merci de se wake-up call.

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